Maisons Huot Maisons Huot, 92 quai Claude le Lorrain Full view

Maisons Huot

Dans l’alignement des belles demeures du quai Claude le Lorrain, une très belle façade Art Nouveau se distingue des autres. Il ne s’agit pas d’une, mais de deux maisons, du même architecte, Emile André, et du même commanditaire Frédéric Huot. Comme nombre de Mosellans, ce jeune rentier a opté pour la nationalité française après l’annexion des territoires de l’est de la France par l’empire allemand. Il s’est installé à Nancy en 1895.

Depuis l’arrivée du chemin de fer dans la ville en 1850, les rues longeant la voie ferrée ont été progressivement bâties, laissant fleurir de belles demeures bourgeoises, souvent dans le style éclectique (mélange de styles divers anciens). Car il était à l’époque à la mode d’habiter au bord du chemin de fer, afin d’exposer sa richesse aux voyageurs.

Maisons Huot

Le dépôt en 1903 de 2 permis de construire distincts (à 2 mois d’intervalle) laisse supposer que M. Huot a pu compléter son premier projet en adjoignant une deuxième maison, réservée à la location.

A l’image des autres belles demeures de style École de Nancy, la nature se déploie comme dans les terminaisons bourgeonnantes surélevant les fenêtres au niveau de la toiture, formant un gâble, écho à l’architecture médiévale qui a aussi influencé l’Art Nouveau. Le thème du pin est reconnaissable dans l’encadrement du portail. Les soupiraux en forme d’ailes de papillon montrent que le moindre élément utilitaire devient un élément décoratif. La mixité des matériaux (céramique, verre, pierre de taille, pierre meulière, ferronneries, boiseries) constitue un autre témoignage de l’architecture 1900, tout comme le refus de la symétrie tout à fait observable ici.

Le thème du pin

Le travail d’Emile André pour cette construction rappelle d’autres réalisations de cet architecte membre de l’École de Nancy : la large baie du rez-de-chaussée ressemble à celle de la maison des Brice du parc de Saurupt achevée en 1902, le balcon de pierre, ceux de l’immeuble Lombard qu’il réalisa au 69, avenue Foch, tout comme le décor d’algues des lucarnes du numéro 71 de la même avenue. Cette œuvre du quai Claude le Lorrain s’inscrit donc dans la continuité de son travail.

Un artiste célèbre a travaillé pour cette demeure : Jacques Gruber, spécialiste du vitrail.

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Ecrit par Vincent Dubois

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